Si son franc-parler et son exigence s'apprêtent à faire vibrer les brigades dans la version algérienne du célèbre programme télévisé, Rabah Ourrad possède une trajectoire bien éloignée du parcours culinaire classique. Avant de manier les couteaux et de scruter l'hygiène des établissements en difficulté, il s'est fait connaître du grand public durant les années 1990 comme une figure incontournable du hip-hop maghrébin.

En 1993, alors que l'Algérie traverse la douloureuse période de la « décennie noire », Rabah cofonde le groupe emblématique MBS, pour « Le Micro Brise le Silence ». À une époque où le rap émerge à peine dans le paysage musical du pays, la formation donne une voix aux aspirations et aux contestations d'une jeunesse confrontée à une violence quotidienne. À travers des textes sans concession sous le nom de Rabah Donquishoot, il s'impose comme l'un des artistes les plus marquants de sa génération.

Même si le groupe MBS n'existe plus aujourd'hui et que leur dernier opus est sorti il y a plus de vingt ans, Rabah Ourrad a su réinventer sa carrière en se tournant vers la gastronomie. Désormais chef accompli, il s'apprête à pousser les portes de restaurants au bord de la crise dans « Cauchemar en cuisine El Djazair », n'hésitant pas à secouer les équipes en place pour redresser la barre.

Cette trajectoire rappelle inévitablement celle de Philippe Etchebest, la figure emblématique de la version française de l'émission. Outre leur tempérament bien trempé devant les fourneaux, les deux chefs partagent deux passions communes scellées au fer rouge : la cuisine et la musique. Si Philippe Etchebest exprime sa fibre artistique derrière une batterie de rock, Rabah Ourrad conserve l'énergie brute et l'exigence nées du rap. Une alliance singulière entre création culinaire et rythme musical qui promet de marquer cette nouvelle adaptation.