C'est à l'université, au cours d'un stage, qu'Anasse pousse pour la première fois la porte de la pratique picturale. Élevé à Stains, en Seine-Saint-Denis, le jeune homme décide d'attraper les pinceaux pour expérimenter et exprimer sa propre vision du monde. Très vite, son style singulier s'affirme : des motifs ondoyants, des aplats texturés et un travail minutieux de la touche qui incitent souvent les observateurs à évoquer une esthétique impressionniste, parfois comparée au travail de Vincent van Gogh.

Au cœur de sa démarche créative figurent ses origines maghrébines et la mémoire de ses étés passés sur les routes du Maroc. Qu'il s'agisse de deux enfants chevauchant une monture richement harnachée, de vendeurs d'eau traditionnels avec pour arrière-plan les architectures de Casablanca et les montagnes de Marrakech, ou encore de scènes côtières, Anasse capture des instants simples et populaires. Pour certaines pièces imposantes, le travail s'étale sur près d'un mois, à l'image du portrait d'un marchand de figues de Barbarie aperçu à Casablanca, auquel le peintre a choisi de rendre un hommage vibrant.

Loin de l'élitisme de certains espaces d'art contemporain, le peintre défend une création chaleureuse et populaire. Très actif sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, il y partage la confection de ses toiles et y fait face aux commentaires du public. Malgré les stéréotypes sur son environnement d'origine ou sa posture d'artiste autodidacte de banlieue, Anasse trace son chemin avec assurance, convaincu que la création artistique doit demeurer accessible à tous et ne pas rester confinée dans des circuits fermés.

À terme, le jeune peintre aspire à présenter son travail au sein de grandes institutions culturelles parisiennes, évoquant des lieux comme le musée du Quai Branly, l'Institut du monde arabe ou le Musée national de l'histoire de l'immigration. En célébrant la couleur, la chaleur et la mémoire partagée, Anasse entend continuer à faire dialoguer ses racines avec le paysage artistique contemporain.