Pour Sofiane Saidi, la musique a d'abord représenté un moyen d'affirmation personnelle dès les bancs de l'école. C'est à l'adolescence, vers l'âge de 12 ou 13 ans lors d'un mariage, qu'il prend pour la toute première fois le micro en public. Ce premier pas sur scène pose les jalons d'une vocation qui se confirme peu après à l'écoute des ondes radio. La découverte du titre emblématique de Cheb Khaled sur la station Midi 1 provoque un déclic fondateur : le raï, poussé vers une dimension internationale, devient l'horizon musical qu'il souhaite embrasser.
Au-delà des grands noms du raï traditionnel, le parcours de Sofiane Saidi reste profondément marqué par l'influence de Rachid Taha. En mêlant l'énergie du rock aux sonorités arabes dialectales, Rachid Taha a su imposer une signature unique, admirée bien au-delà de la France par des figures de la scène internationale comme Mick Jones, Justin Adams ou Brian Eno. Pour Sofiane Saidi, cet héritage a ouvert un véritable champ des possibles, démontrant qu'il était possible de chanter en arabe tout en bousculant les codes des genres musicaux établis.
Cet esprit de liberté s'enracine également dans l'attachement de l'artiste aux lieux de vie et de convivialité populaires. Évoquant la bohème des cabarets et des restaurants traditionnels parisiens où se croisent couscous, musique acoustique et figures haut en couleur, Sofiane Saidi cultive un lien fort avec les espaces de partage spontanés. Que ce soit lors d'improvisations réunissant violon, violoncelle et chant au cœur d'une cuisine ou au détour d'une table de restaurant, cette recherche de proximité nourrit constamment son expression artistique.
Aujourd'hui, Sofiane Saidi perpétue cette tradition d'ouverture et de métissage sonore, faisant le pont entre la mémoire des maîtres du genre et la création contemporaine.