Si vous avez navigué sur les réseaux sociaux ces derniers mois, vous n'avez pas pu échapper à la tendance de la "battle d'aura" et aux références au *mewing*, ces gestes viraux destinés à afficher un calme souverain et une assurance à toute épreuve. Devenus d'authentiques codes culturels pour la jeune génération, ces mèmes d'Internet ont fini par franchir les grilles des établissements scolaires.

C'est dans cette atmosphère survoltée qu'un proviseur a créé la surprise sur le parvis de son lycée. Entouré par des dizaines d'élèves smartphones braqués sur lui et pancartes levées, le responsable d'établissement ne s'est pas défilé. Vêtu de son habituel costume-cravate, il a relevé le défi face aux lycéens en reproduisant avec un flegme imperturbable les mimiques et les poses caractéristiques de la culture web actuelle.

L'enchaînement des gestes emblématiques et la répartie visuelle du chef d'établissement ont immédiatement déclenché l'euphorie de l'assemblée, qui s'est mise à scander son nom à tue-tête. Si les rassemblements lycéens rythment habituellement la fin de l'année scolaire ou la période des examens, la participation active de la direction apporte une dose de légèreté particulièrement rafraîchissante.

Au-delà de l'amusement immédiat et du succès auprès des adolescents, cet échange illustre une évolution discrète des rapports entre élèves et encadrants. En s'appropriant l'espace de quelques secondes le langage visuel de ses étudiants, ce proviseur prouve qu'un peu d'autodérision permet parfois de tisser un lien de complicité inattendu au sein de l'école. Reste désormais à savoir si cet enchaînement d'aura suffira à faire grimper les moyennes jusqu'au bac.