Ce qui ressemblait autrefois à une simple chambre a fini par prendre des airs de véritable musée consacré à la culture foot. Sur des portants surchargés, les maillots s'alignent par centaines, couvrant des décennies de compétitions, de ligues majeures et de sélections plus confidentielles. On y croise aussi bien le mythique maillot « Bruised Banana » d'Arsenal du début des années 1990 que des pièces rares, comme la tenue de la sélection basque ou les maillots de l'équipe du Canada de 1993.

La collection ne se limite pas aux géants du football européen. Elle fait une large place aux maillots régionaux et internationaux méconnus, du club algérien de la JS Kabylie aux tuniques vintage ornées de sponsors improbables tels que « La Gracieuse Vache ». Certaines pièces portent également une mémoire humaine poignante, comme ce maillot canadien associé à Paul James, joueur de la première sélection canadienne à avoir disputé la Coupe du monde en 1986, aujourd'hui sans-abri. D'autres pièces relèvent de la curiosité pure, à l'image d'une tenue de Curaçao ou d'un maillot des Young Boys de Berne repensé par des enfants d'écoles maternelles et orné d'un dessin de pot de Nutella au dos.

Au-delà des textiles, cette passion s'étend à des objets dérivés parfois décalés. Un morceau de pelouse du Stade de France scellé depuis la Coupe du monde 1998, une montre à l'effigie de Pep Guardiola encore joueur ou une serviette de bain représentant le visage de Ronaldo avec sa fameuse coupe de cheveux de 2002 : chaque pièce témoigne d'une époque et d'un attachement viscéral à la mémoire du jeu.

Avec plus de 1 200 maillots rassemblés, une telle démarche montre à quel point le maillot de football est devenu un objet de mode et un témoin culturel à part entière. Contrairement à d'autres univers de collectionneurs, le maillot offre un champ de recherche pratiquement infini où chaque club, chaque sponsor et chaque pays conserve ses propres pépites oubliées.